Self-Portrait — The Body
This project was born from a desire to preserve memory: to keep a trace of the body, to hold onto its imprint like a fragment of oneself. Through this self-portrait, the body becomes at once the subject, the material, and the tool of creation.
The initial intention was simple and deeply personal: to pay tribute to the body, to what it carries, what it goes through, and what it silently tells of our intimate history. Here, the body appears as the home of the soul — a living, sensitive space shaped by time, emotions, transformation, and memory.
As the process unfolded, the work revealed another reading. These busts gradually brought to mind the image of armor, almost antique, evoking Greek breastplates. This shifted my perspective: the body was no longer only an imprint or a memory, but also a form of protection, an envelope, a structure. An armor both strong and fragile.
It is within this tension that the heart of the project lies. The body protects, supports, and contains us; it allows us to exist in the world. But it is also vulnerable, porous, exposed, and marked by the experiences it goes through. It carries within it an essential duality: strength and fragility, the visible and the invisible, the physical and the spiritual.
This work is therefore a celebration of the body, far from ideals of perfection or control. It invites us to look at it differently: as a place of memory, power, beauty, and vulnerability. Taking its imprint, observing it, transforming it into sculpture becomes a way of honoring it, acknowledging it, and reclaiming one’s own story.
Autoportrait — Le corps
Ce projet est né d’un désir de mémoire : celui de conserver une trace du corps, d’en garder l’empreinte comme on retient un fragment de soi. À travers cet autoportrait, le corps devient à la fois sujet, matière et outil de création.
L’intention première était simple et profondément personnelle : rendre hommage au corps, à ce qu’il porte, à ce qu’il traverse, à ce qu’il raconte silencieusement de notre histoire intime. Le corps apparaît ici comme la maison de l’âme — un espace vivant, sensible, traversé par le temps, les émotions, les transformations et la mémoire.
Au fil du processus, le travail a révélé une autre lecture. Ces bustes ont progressivement fait surgir l’image d’armures, presque antiques, évoquant des cuirasses grecques. Cette apparition a déplacé le regard : le corps n’était plus seulement une empreinte ou un souvenir, il devenait aussi protection, enveloppe, structure. Une armure à la fois solide et fragile.
C’est dans cette tension que réside le cœur du projet. Le corps protège, soutient, contient ; il nous permet d’exister dans le monde. Mais il est aussi vulnérable, poreux, exposé, marqué par les expériences qu’il traverse. Il porte en lui une dualité essentielle : celle de la force et de la fragilité, du visible et de l’invisible, du physique et du spirituel.
Ce travail propose ainsi une célébration du corps, loin des injonctions de perfection ou de maîtrise. Il invite à le regarder autrement : comme un lieu de mémoire, de puissance, de beauté et de vulnérabilité. En prendre l’empreinte, l’observer, le transformer en sculpture, devient une manière de l’honorer, de le reconnaître et de se réapproprier son histoire.
Une invitation à se célébrer
Avec ce travail, j’ai eu envie de célébrer le corps. J’aimerais beaucoup inviter d’autres femmes à vivre cette expérience. Je crois que c’est une autre manière de se regarder, de se rencontrer. Une façon plus douce et plus profonde de se ré-approprier son corps, de l’honorer, de le célébrer, et peut-être aussi d’apprendre à s’aimer autrement.